Dans les forêts de Sibérie

Ce livre est le récit d’une nécessité vitale, d’une quête de silence, de solitude et d’espace. Beaucoup la condamneront, n’y voyant qu’une fuite. Certains, moins nombreux, s’y retrouveront. Ce journal d’ermitage est plus qu’une simple narration de six mois d’isolement. C’est une critique de notre société et de notre mode de vie, une réflexion exigeante, riche de sens et très poétique.

Dans les forêts de Sibérie

Dans les forêts de Sibérie

« Assez tôt, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie.
J’ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal.
Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché de vivre dans la lenteur et la simplicité.
Je crois y être parvenu.
Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à l’existence.

Et si la liberté consistait à posséder le temps?
Et si la richesse revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures?
Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu. »

Pour un avant-goût ou un prolongement du livre en images, regardez cette vidéo :

Extraits

« Je me suis installé pendant six mois dans une cabane au sud de la Sibérie, sur les bords du Baïkal. Le temps pressait. Avant 40 ans, je m’étais juré de faire l’expérience du silence, de la solitude, du froid. Demain, dans un monde de 9 milliards d’humains, ces trois états se négocieront plus cher que l’or. J’étais à l’étroit dans la nature de France. Le jour où j’ai lu dans une brochure ministérielle qu’on appelait les coureurs des bois des « usagers d’espaces arborés », j’ai su qu’il était temps de gagner la taïga.

Une fuite, la vie dans les bois ? La fuite est le nom que les gens ensablés dans les fondrières de l’habitude donnent à l’élan vital.

Un jeu ? Comment appeler autrement la mise en scène d’une réclusion volontaire devant le plus beau lac du monde ?

Une urgence ? Assurément ! Je rêvais d’une existence resserrée autour de quelques besoins vitaux. Il est si difficile de vivre la simplicité. »

« C’est fou ce que l’homme accapare l’attention de l’homme. La présence des autres affadit le monde. La solitude est cette conquête qui vous rend jouissance des choses. »

« La sobriété de l’ermite est de ne pas s’encombrer d’objets, ni de semblables. De se déshabituer de ses anciens besoins. Le luxe de l’ermite, c’est la beauté. Son regard, où qu’il se pose, découvre une absolue splendeur. Le cours des heures n’est jamais interrompu […]. La technique ne l’emprisonne pas dans le cercle de feu des besoins qu’elle crée. »

Prolongez le plaisir de lire et d’écouter Sylvain Tesson ou essayez de définir le silence

 

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2 réflexions sur « Dans les forêts de Sibérie »

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