Un message pour vous #12

Si vous avez atterri sur cette page, ce n’est pas par hasard… Elle contient un message pour vous ! Revenez Lundi prochain pour en découvrir un autre 😉

Message#12

Tu n’es pas venu réaliser le plan personnel d’adultes t’imposant des objectifs qui ne sont pas les tiens, le principal bonheur que t’autorise la vie est de te permettre de t’atteindre toi-même… Tu n’es venu réaliser personne d’autre que toi-même…

Un message pour vous 12

Dis-moi à quoi je puis prétendre dans cette vie, qu’est-ce qu’on me doit, quels sont mes droits essentiels ?

Avant toute chose, tu devrais avoir le droit d’être engendré par un père et une mère qui s’aiment, au cours d’un acte sexuel couronné par un orgasme mutuel, afin que ton âme et ta chair prennent racine dans le plaisir.

Tu devrais avoir le droit de n’être ni un accident ni une charge, mais un individu attendu et désiré de toute la force de l’amour, comme un fruit qui donne du sens au couple, lequel devient désormais une famille.

Tu devrais avoir le droit de naître avec le sexe que la nature t’a donné. (C’est un abus de dire : “Nous attendions un garçon et tu es une fille”, ou vice versa.)

Tu devrais avoir le droit d’être pris en compte dès le premier mois de ta gestation. À tout instant la femme enceinte devrait accepter le fait qu’elle est deux organismes en voie de séparation et non un seul qui s’étend. Personne ne peut t’accuser des accidents pouvant survenir pendant l’accouchement. Ce qui t’arrive dans la matrice n’est jamais ta faute : par ressentiment contre la vie, la mère ne veut pas accoucher et, à travers son inconscient, t’enroule le cordon ombilical autour du cou et t’expulse, incomplet, avant terme. Comme on ne veut pas te mettre au monde, parce que tu es déjà un tentacule de pouvoir, on te retient plus de neuf mois, tandis que le liquide amniotique sèche et que ta peau se brûle ; on te fait tourner jusqu’à ce que tes pieds, et non ta tête, entament le glissement vers la vulve, comme les morts vont à la niche, les pieds devant ; on te gave plus qu’il ne faut pour que tu ne puisses pas passer par le vagin, la naissance heureuse étant remplacée par une froide césarienne, qui n’est pas un accouchement mais l’extirpation d’une tumeur. Refusant d’assumer la création, on ne collabore pas avec tes efforts et sollicite l’aide d’un médecin qui t’opprime le cerveau avec ses forceps ; souffrant d’une névrose de l’échec, on te fait naître à moitié étouffé, tout bleui, t’obligeant à imiter la mort émotionnelle de ceux qui t’ont engendré…

Tu devrais avoir le droit à une profonde collaboration : l’envie d’enfanter de la mère doit être aussi grande que l’envie de naître du bébé, fille ou garçon. L’effort sera mutuel et bien équilibré.

À partir du moment où cet univers te produit, tu as le droit d’avoir un père protecteur, qui soit présent tout au long de ta croissance.

De même qu’on donne de l’eau à une plante assoiffée, tu as le droit, quand tu t’intéresses à une activité, de te voir offrir le plus grand nombre de possibilités afin que tu te développes sur le sentier que tu as choisi. Tu n’es pas venu réaliser le plan personnel d’adultes t’imposant des objectifs qui ne sont pas les tiens, le principal bonheur que t’autorise la vie est de te permettre de t’atteindre toi-même.

Tu devrais avoir le droit de posséder un espace où pouvoir t’isoler pour construire ton monde imaginaire, de voir ce que tu veux sans que ton regard soit limité par des morales caduques, d’entendre ce que tu désires, même si ce sont des idées contraires à celles de ta famille.

Tu n’es venu réaliser personne d’autre que toi-même, tu n’es venu occuper la place d’aucun mort, tu mérites d’avoir un nom qui ne soit pas celui d’un parent disparu avant ta naissance : quand tu portes le nom d’un défunt, c’est parce qu’on t’a injecté un destin qui n’est pas le tien, usurpant ton essence.

Tu as parfaitement le droit de ne pas être comparé ; aucun frère, aucune sœur ne vaut plus ou moins que toi, l’amour existe quand on reconnaît l’essentielle différence.

Tu devrais avoir le droit d’être exclu de toute querelle entre tes parents, de ne pas être pris comme témoin dans les discussions, de ne pas être le réceptacle de leurs angoisses économiques, de grandir dans une ambiance de confiance et de sécurité.

Tu devrais avoir le droit d’être éduqué par un père et une mère guidés par des idées communes, ayant aplani entre eux, dans l’intimité, leurs contradictions. S’ils divorcent, tu devrais avoir le droit de ne pas être obligé de voir les hommes avec les yeux pleins de ressentiment d’une mère, ni les femmes avec les yeux pleins de ressentiment d’un père.

Tu devrais avoir le droit qu’on ne t’arrache pas du lieu où tu as tes amis, ton école, tes professeurs préférés.

Tu devrais avoir le droit de ne pas être critiqué si tu choisis un chemin qui n’était pas dans les plans de tes parents ; d’aimer qui tu veux sans avoir besoin d’approbation, et, quand tu t’en sens capable, d’abandonner le foyer et de partir vivre ta vie ; de dépasser tes parents, d’aller plus loin qu’eux, de réaliser ce qu’ils n’ont pu réaliser, de vivre plus longtemps qu’eux.

Enfin, tu devrais avoir le droit de choisir le moment de ta mort sans que personne, contre ta volonté, te maintienne en vie.

Extrait de La danse de la réalité – Alejandro Jodorowsky

© Photo Pixabay

 Bonne fin de journée et à lundi prochain !

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