Préparer la naissance autrement

Une majorité d’Êtres humains sentent que des changements majeurs sont inévitables et imminents sur notre planète. Dans le but de mieux vivre les transformations qui y sont associées, cet ouvrage de France Gauthier et Pierre Lessard, jette les bases pour la création du monde idéal tant attendu.

Tout se joue à chaque instantSous la forme de questions-réponses avec le Maître Saint-Germain, grand magicien et maître de l’Alchimie. De la naissance à la mort, celui-ci nous donne des pistes pour exprimer le meilleur de nous-même et nous apprend à faire des choix en posant des actes en accord avec nos aspirations. Tout se joue à chaque instant nous convie au grand voyage de chaque Être humain sur Terre.

Pourquoi Tout se joue à chaque instant ? Parce qu’on a toujours le libre arbitre pour changer le scénario de notre propre vie et que rien n’est prédestiné. Tout est toujours en mouvement, en constante création.

Rien n’est figé, il est toujours possible de recommencer.

En somme, on peut choisir à chaque instant la joie pure et le bonheur, comme le font les Maîtres, comme le ferait le Maître en chacun de nous. Alors, si Tout se joue à chaque instant, pourquoi pas dès maintenant ?

Chapitre 2 : La naissance

Avant d’entrer dans les grands cycles de la vie d’un Être humain, il faut bien sûr parler de la première étape, soit le moment de son arrivée sur la Terre. Quelle est l’ampleur du choc que représente la naissance pour l’Être humain ?

La naissance est le passage le plus important et aussi celui qui exige la plus grande intensité d’énergie que l’Être aura à déployer durant toute son existence. Qui plus est, le déploiement intense de cette énergie est en corrélation avec la présence, la disponibilité et le déploiement d’un autre Être : sa mère. L’Être peut donc déjà saisir que sa création (puisque le passage de la naissance peut être considéré comme un moment de création important) est nécessairement liée à celle d’un autre Être. Cela vous permet aussi de mieux comprendre que les Êtres doivent vivre en union sur cette Terre et qu’à l’opposé, l’indépendance ou la séparation créera des souffrances et des douleurs. Déjà, le passage le plus important vous indique que l’union est essentielle pour qu’il puisse se faire dans l’équilibre, dans l’harmonie et dans la joie.

Qu’entendez-vous concrètement par « union », à partir du moment où l’on sait que le bébé, à la naissance, vit une séparation brutale d’avec sa mère ?

Il y a là une forme de paradoxe, n’est-ce pas ?

Il me semble, oui.

Il y a une séparation des corps, qui permet à l’Être de se déployer dans toute son autonomie, dans toute sa lumière. Toutefois, ce déploiement, cette séparation des corps, favorisera l’union de l’Être, non seulement avec sa mère, mais avec tous les Êtres. Elle lui permettra aussi de mieux s’unir, dans l’amour, à toutes les formes de vie sur Terre. Cela vous fait comprendre d’ailleurs que, par moments, il est important de se détacher d’une forme pour pouvoir s’unir à l’ensemble !

Cette notion de détachement, de rupture, est importante. Lorsque l’Être (à la source un duo Âme-Esprit* de lumière) s’incarne, il y a non pas une rupture, mais une fusion de la lumière avec la chair. C’est une rencontre d’une très grande intensité. La lumière s’associe à la matière, ce qui provoque un éclatement, une extase ressentie par toutes les cellules du fœtus.

Cette rencontre de la lumière et de la matière a lieu pendant la grossesse, donc ?

Cela se produit durant la période de gestation, lors de la conscientisation, c’est-à-dire lorsqu’il y a l’union de l’Âme, de l’Esprit et du corps. Cette intensité de la fusion de la lumière et de la matière explique pourquoi l’Être humain, qu’il en soit conscient ou non, cherchera durant toute sa vie à vivre des états de joie et même des états d’extase extrêmement intenses. Parce qu’il en a une conscience cellulaire. (Nous y reviendrons plus en profondeur dans le dernier chapitre de ce livre.)

À la suite de cette fusion, il y aura aussi une émergence des inscriptions de l’Être : inscriptions génétiques, bien sûr, mais aussi inscriptions mémorielles issues de l’histoire de son Esprit et de sa lignée familiale.

Laissez-moi comprendre. La lignée familiale, ce ne sont pas les inscriptions génétiques ?

Les inscriptions génétiques représentent certaines caractéristiques de la lignée familiale que l’Être porte dans ses cellules.

Et les autres mémoires proviennent-elles des vies antérieures ?

Les inscriptions mémorielles sont des empreintes de vos vies antérieures sur cette Terre ou ailleurs dans l’Univers.

Utilisons une analogie pour que vous saisissiez mieux. Vous vivez actuellement en toute liberté et dans un grand confort dans votre pays. Imaginons que vous choisissiez d’aller vivre dans un autre pays, très différent. Lorsque vous arrivez, vous découvrez d’abord les paysages. La différence vous enchante. Des Êtres vous accueillent et vous emmènent dans leur demeure typique du pays. Lorsque vous y êtes, vous constatez que la demeure est très étroite, très peu confortable, et vous vous rappelez que, dans votre pays à vous, il y a eu tout un parcours d’évolution avant que ses habitants n’atteignent le confort actuel. Il y a déjà eu des époques où vous étiez beaucoup moins nantis, collectivement, et où vous avez dû faire des efforts, des compromis, consentir à des renoncements. Vous vous rappelez aussi les douleurs, les moments de solitude que vous avez vécus pour en arriver à atteindre la vie de liberté que vous avez connue avant de quitter cet endroit.

Et lorsque vous entrez dans la demeure très étroite et très sobre de vos hôtes, tous ces efforts se représentent à votre mémoire. Les inscriptions sont là. Elles sont actives. Vous êtes toujours joyeux d’être dans ce nouveau pays, mais certaines peurs d’avoir à refaire tous ces efforts sont présentes.

Est-ce que vous nous suivez ?

Très bien. Ce sont les mémoires des dernières vies.

Voilà. Et là, dans cette demeure, imaginez que, dès votre arrivée, le maître de la maison vous dicte quelle sera votre chambre. Il vous l’affirme avec tant d’autorité que vous ressentez de nouveau l’autorité de votre père et de tous les hommes de votre lignée familiale, et qu’ainsi refont surface vos façons de réagir à toutes les formes d’autorité. Dans cet exemple, ce sont les mémoires familiales inscrites en vous qui sont réactivées.

C’est clair.

Il en est ainsi pour l’Être qui va s’incarner. Il provient de l’espace universel libre. Puis, soudain, il se retrouve confiné dans un corps, le sien, et dans l’espace de la mère. C’est très différent de l’espace qu’il connaissait. Il créera alors une relation fusionnelle avec la mère. Non seulement pour être nourri, bien sûr, donc pour vivre et croître, mais aussi pour se recréer un univers, se recréer un monde. L’intérieur de sa mère et la relation avec elle deviennent son nouvel univers.

Pendant toute sa croissance intra-utérine, son champ magnétique va se développer. Il va vivre aussi, à travers sa mère, certaines inscriptions en provenance de l’environnement. Et un jour viendra où il lui faudra naître pour pouvoir continuer sa croissance, car l’espace sera trop restreint. Il va déployer alors beaucoup d’énergie, puisqu’il a pu en développer dans le corps de sa mère. Bien sûr, celle-ci, encore unie à lui, va l’aider dans ce passage. S’il ne veut pas naître, ce sera difficile pour la mère. Et si la mère ne veut pas favoriser le passage, ce sera difficile pour l’enfant. Il y a à la fois une autonomie et une union des deux Êtres.

En naissant, l’enfant délaisse encore le monde dans lequel il était pour entrer dans un nouveau monde.

Donc, de l’espace universel, il s’était créé un nouvel univers en fusion avec la mère. Et maintenant, sa pulsion de vie l’entraîne encore une fois dans un autre monde dans lequel il sera appelé à croître et à créer tout en s’adaptant à la forme. Étant donné l’univers intra-utérin qu’il quitte, vous pouvez imaginer toute l’importance pour lui de se recréer rapidement un nouvel univers viable. Vous concevez alors toute l’importance de l’accueil à la naissance pour l’aider dès le départ à créer ce monde dans lequel il se sentira à l’aise et reconnu.

Il est essentiel pour l’évolution de votre humanité que vous compreniez l’importance et les enjeux réels de la naissance.

D’accord. Dans nos structures actuelles, la majorité des femmes accouchent dans un hôpital. Bien qu’on ait tenté d’humaniser le processus, en créant notamment ce qu’on appelle des « chambres de naissance », ça se passe quand même dans un hôpital avec plein d’appareils sophistiqués. Est-ce la façon idéale d’accueillir un enfant ?

Il est important, pour éviter la critique et permettre plutôt les transformations constructives, de comprendre que cette façon de faire a été développée, dans sa structure et dans ses règles, pour favoriser la vie. Avant que ces structures soient établies, les conditions de la naissance étaient souvent telles que beaucoup de bébés mouraient à l’accouchement.

Beaucoup de mères mouraient en couche également.

Les souffrances étaient souvent intenses à cause aussi des connaissances déficientes de ceux qui accompagnaient les femmes. Souvent, les sages-femmes n’étaient pas présentes, pas plus que la sagesse des femmes !

En effet.

Ainsi, les Êtres humains ont développé des structures pour assurer la vie et pour favoriser la santé physique. Ces structures sont logiques. Elles sont fonctionnelles. L’expérience montre que de moins en moins d’enfants et de femmes meurent à la naissance ou en sont affectés. Toutefois, l’expérience permet aussi de constater d’autres formes de séquelles chez l’enfant et la mère, plus difficiles à saisir, mais si importantes au niveau subtil : celles qui sont associées à une reconnaissance et à un accueil déficients de l’enfant dans ces structures.

Ainsi, même si actuellement la structure est fonctionnelle et logique, elle aurait tout avantage à se déployer dans des aspects plus proches de l’Être humain, avec plus de nuances pour répondre à ses besoins, et plus de conscience quant à l’importance de l’accueil. Nous nous entretiendrons plus loin de l’importance de la période de gestation, de la relation entre la mère et son enfant, de la relation entre l’environnement de la mère et l’enfant qu’elle porte, tout comme nous pourrons par la suite vous entretenir des mémoires qui s’inscrivent ou qui se développent chez l’enfant durant la période de gestation.

Nous pouvons observer que, chez l’Être humain, la qualité de l’accueil reçu dans l’espace intra-utérin et au moment même de la naissance est en relation directe avec la capacité de l’Être à se reconnaître au cours de sa vie adulte.

Tous les maux physiques et psychiques trouvent leur source dans cette difficulté à se reconnaître.

À l’opposé, lorsqu’il se reconnaît, l’Être est capable de créer sa vie en harmonie, en équilibre, dans la joie et le bonheur.

La vie d’un Être humain se joue donc d’abord à sa naissance. Et à chaque instant qui suit.

Si nous vous entretenons avec insistance de la naissance et de ses conditions actuelles, c’est qu’elles ont une influence majeure sur l’individu durant toute sa vie quant à l’autorisation qu’il se donne de vivre et à la qualité de la vie qu’il s’offre.

Alors, nous proposons d’abord une conscientisation de l’importance de l’aspect humain pour que le processus du passage de la naissance et l’accueil de l’enfant soient harmonieux et chaleureux. Toutes les mesures qui permettent à la femme de se sentir femme et qui participent à la célébration de la vie seront importantes. Toutes les voies qui permettent à la mère de sentir que son rôle d’accueil est primordial, c’est-à-dire qui permettent à l’enfant de sentir qu’il entre dans un nouveau monde d’harmonie, d’amour et de chaleur, seront les bienvenues.

Et bien sûr, nous invitons les Êtres à déployer ces mesures progressivement, jusqu’à ce que les structures actuelles soient totalement transformées et qu’elles proclament une célébration de la vie et une conscience totale de ce qu’est un Être humain.

Pouvez-vous nous dire à quoi ressemblerait, dans un Nouveau Monde, un lieu de naissance idéal pour accueillir un enfant ?

Dans le respect de la femme, de ce qui vibre en elle, de l’enfant et de sa recherche de vie, il y a plus qu’un lieu à définir. Il y a toute une conscience de l’accompagnement à la naissance et de la vie à développer. Invitons d’abord les Hommes à choisir de transformer véritablement leur vie sur Terre.

Mais pour répondre à votre question plus spécifique, imaginons que la naissance soit une véritable célébration qui se vit dans un Hôtel de la Naissance, un véritable « temple » honorant la vie.

Comme c’est joli ! On adopte !

La création de ces lieux, de ces Hôtels de la Naissance, conçus uniquement pour célébrer la naissance dans la conscience de l’accueil d’un nouvel Être humain qui se présente sur Terre pour collaborer, avec ses talents, à l’œuvre collective de l’humanité, favorise l’évolution de la société.

Accompagnée du père, la femme choisit l’Hôtel de la Naissance, inspirée par la sensation et la complicité de l’enfant en elle. Donc, plutôt qu’un hôpital multifonction, l’établissement devient un lieu d’accueil axé uniquement sur la naissance. Et tout ce que les Êtres humains ont déjà créé, la technologie de pointe par exemple, pour favoriser la santé physique de la femme et de l’enfant à la naissance y est mis en place.

Il n’y a pas, ici, un refus de la médecine actuelle. Tout au contraire ! Ce qui a été créé grâce à l’évolution scientifique de la médecine est présent dans l’Hôtel de la Naissance, de telle sorte que les Êtres humains soient en sécurité à la naissance et qu’il n’y ait pas un retour vers les conditions difficiles du passé. Toutefois, les instruments ainsi que les mesures et les normes s’inscrivent dans la forme, la structure et le paysage d’un endroit enchanteur et harmonieux. Les salles, les chambres, les couloirs, tous les espaces sont un reflet de la vie harmonieuse par leur ambiance et leurs couleurs ainsi que les plantes et les fleurs qui s’y trouvent. Ils se situent dans des jardins qui peuvent ressembler à ce que choisissent les Êtres lorsqu’ils s’unissent, lorsque la femme s’unit à l’homme…

Ce serait une espèce de célébration de la naissance comme pour un mariage, par exemple ?

Voilà. Une grande célébration. Ils choisissent un lieu qui les fait vibrer, avec de grands jardins. C’est joyeux, n’est-ce pas ?

Certainement.

Ils célèbrent l’union – c’est extraordinaire ! La naissance, c’est l’expression de la vie. Une vie qui se présente dans une trilogie : la mère, le père, l’enfant. C’est une autre forme d’union. Alors, que cette célébration soit tout aussi importante que le mariage ! Et il sera très joyeux de se rendre dans cet Hôtel de la Naissance qui, pourtant, offre toutes les techniques médicales actuelles des hommes, de même que les méthodes naturelles d’accompagnement de la femme.

Cela signifie que les Êtres qui œuvrent dans ces Hôtels de la Naissance ont choisi que leur accompagnement, leur « travail », comme vous le dites, soit vraiment consacré à la naissance. Ce sont des spécialistes qui portent en eux une envie profonde et réelle, une pulsion d’œuvrer dans un Hôtel de la Naissance. Qu’ils soient médecins, infirmiers ou techniciens, ils ont tous choisi d’être dans ce lieu et d’utiliser leurs connaissances et leurs compétences en association avec l’atmosphère de la naissance. Ils accompagnent la femme. Leurs instruments sont discrets, tout en étant très présents, et, nous insistons sur ce point, tous sont dans la conscience de l’importance de l’accueil.

La femme aura tout avantage à avoir auprès d’elle une compagne. Il est si naturel pour une femme, à partir de la conception, d’avoir une autre femme qui l’accompagne, une confidente qui porte une connaissance profonde de ce qu’est le parcours de la grossesse et le parcours de la naissance. Elle peut l’accompagner humainement et physiquement tout au long de sa grossesse. Elle crée une complicité avec l’enfant et avec la mère. Elle est présente.

Voulez-vous dire une sorte de marraine de la naissance ?

C’est le sens réel de « marraine », d’ailleurs. La marraine, dans vos cadres actuels ou passés, n’est-elle pas la femme qui peut aider à l’accueil, aider la femme s’il y a trop d’exigences après la naissance, et remplacer la mère, si elle a un problème de santé ?

Entre autres, oui, si on met le contexte religieux de côté.

Extrapolons ce rôle ou redonnons-lui toutes ses dimensions. Plutôt que d’être une remplaçante de la mère, la marraine en est la complice. De cette façon, l’enfant sent qu’il a une mère, mais il sent aussi la complicité de la marraine, et lorsque la mère, pour une raison ou pour une autre, ne pourra pas être présente à l’enfant, la marraine le sera et l’enfant connaîtra déjà sa vibration. Si la femme vit une relation harmonieuse de complicité avec sa propre mère, et que cette dernière a non seulement envie d’être la marraine mais veut le faire en toute conscience, elle peut être une marraine fort appréciée. Bien sûr, la marraine a elle aussi choisi ce rôle. Ce peut être aussi une proche de la femme qui a les connaissances et les compétences voulues ou un Être qui s’est destiné à jouer ce rôle de marraine dans une société ouverte à cela…

Une sorte de sage-femme-marraine ?

Voilà, une sage-femme du Nouveau Monde : elle a accompagné tout le parcours pendant la grossesse et elle est présente à la naissance. De plus en plus de femmes se sentiront appelées à jouer ce rôle.

Durant la naissance, la marraine est très près de la femme, et l’enfant le sait, il la sent. Il la connaît, il l’a toujours ressentie, et la marraine aussi connaît l’enfant par son ressenti. Au moment de la naissance, la situation peut être fort différente d’une femme à l’autre, voire d’un enfant à l’autre. La femme peut se trouver dans beaucoup de conscience et peu de douleurs, ou encore peu de conscience et beaucoup de douleurs, ou même beaucoup de conscience et de douleurs… La marraine l’accompagne, de telle sorte que lorsque l’enfant naît, déjà, elle peut l’accueillir. Il connaît sa vibration. S’il n’y a pas de difficultés d’ordre médical, la marraine va accueillir l’enfant pour le poser sur la mère.

Nous sommes ici dans une chambre qui est vibrante, chaleureuse, un lieu de célébration. Il pourra y avoir des instruments de support en cas de difficulté, mais masqués, voilés. Des instruments plus imposants en cas de difficultés plus importantes pendant l’accouchement sont dans une autre pièce. Tout comme dans un hôpital, il peut y avoir une salle de chirurgie dans cet Hôtel de la Naissance. Bien sûr, nous ne pouvons décrire ici toutes les situations possibles.

La mère est-elle en état de recevoir son enfant ? Si elle ne l’est pas, la marraine est près de cet enfant. Si elle l’est, la marraine pose l’enfant sur la mère, et il y a vraiment un accueil très amoureux, l’extension de l’accueil qui aura été transmis à l’enfant durant toute la période de gestation. Il n’y a pas de surprise pour l’enfant. Il a déjà senti toutes ces vibrations. Il est déjà dans cette chaleur. Il retrouve sa marraine et sa mère.

Et que fait le père ?

Le père est présent aussi pour accompagner la femme, puisqu’il a été présent durant toute la période de gestation. Il apportait une dimension plus extérieure, mais il était présent. Par sa vibration, il crée aussi un cocon d’accueil à la naissance. Quand il sera proposé à la mère de couper le cordon, le père sera prêt pour que l’enfant sente qu’il n’y a pas de division, qu’il est là, amoureux, complice et en accord. La marraine aussi. Tous sont unis.

Pourquoi la mère doit-elle couper elle-même le cordon ?

C’est la mère elle-même qui coupe le cordon afin qu’il n’y ait pas de sensation de rejet. C’est la mère qui était son monde. En l’accueillant à la naissance, elle lui indique, par cette coupure que, bien que les corps se séparent, le cocon est toujours présent et qu’ils sont toujours unis. Et il est important que ce cocon avec la mère, le père, et la marraine en soutien, puisse perdurer pendant un certain temps. Quand l’enfant est né, qu’il se présente dans la vie extérieure, ne précipitez pas la séparation d’avec la mère. Ce moment est fort important et la complicité dans la relation de l’enfant avec la mère est en jeu !

Il y a pourtant déjà une rupture.

Il est certain que la naissance et la coupure du cordon ombilical peuvent être ressenties comme une rupture brutale. C’est justement cela qu’il faut éviter ou réduire. C’est pourquoi il est important que l’enfant reste avec sa mère. Et nous savons que les douleurs, non seulement celles de l’accouchement, mais aussi celles de tout le processus, provoquent chez la femme différents états et différentes attitudes. Il est donc tout aussi important de concevoir qu’elle doit se préparer d’une manière différente, non seulement durant la période de grossesse, mais dès l’adolescence, alors que son corps est physiquement capable de procréer. Une conscience de la procréation et une conscience du corps permettront que les accouchements soient de plus en plus faciles.

Si je comprends bien, vous suggérez aux jeunes femmes d’être très conscientes de leur corps et de leur rôle procréateur longtemps avant le cours prénatal, c’est ça ?

C’est là la préparation d’une femme qui honore ce rôle en elle et qui honore son corps. Dans les dernières décennies, la femme qui a voulu participer à l’émergence de la dimension féminine dans ce monde a dû jouer double et triple rôles durant deux générations.

C’est juste, et très essoufflant !

Dans ces double et triple rôles, la femme a été amenée à moins respecter son corps, parce que les rôles et les tâches étaient trop intenses et exigeants. En respectant moins son corps et ses cycles menstruels, en étant moins présente à son corps et à sa souplesse naturelle, la femme a involontairement favorisé une intensification des douleurs menstruelles et, pour plusieurs, des douleurs à l’ovulation. Cela a aussi contribué à rendre l’accouchement plus douloureux.

Cela ne signifie pas que, dans la conscience, l’accouchement sera sans douleur. Mais une conscience du respect de la femme envers son corps va contribuer à atténuer les douleurs. Et si le double ou triple rôle est vrai pour les deux dernières générations, il est aussi vrai qu’auparavant, la femme était confinée à des travaux très durs qui ne lui donnaient pas tout l’espace nécessaire pour respecter ses cycles naturels.

En somme, la femme a beaucoup souffert à travers les âges, et particulièrement ces deux derniers millénaires. Tant souffert que plusieurs femmes auraient souhaité naître homme. Tant souffert que certaines femmes vivaient des colères ou des détresses chaque fois que se présentait la période d’ovulation ou de menstruation. Tant souffert que des femmes ont développé la peur de l’accouchement. Cette peur et, pour certaines femmes, la négation du rôle de procréatrice s’opposent à la pulsion naturelle et à l’envie profonde de créer et de donner la vie. Et cette réalité a provoqué une négligence de toute la véritable dimension féminine !

Vous nous suivez bien ?

Alors, est-ce que les femmes portent une sorte de mémoire collective de souffrance ?

Elles portent bien entendu les mémoires collectives de rejet, d’abus et de souffrances associées à leurs rôles véritables et à leur importance. Ces blessures sont souvent ravivées dans le fonctionnement de vos sociétés actuelles.

Les sensations et les états intérieurs de la femme sont affectés par ces mémoires. Leur corps physique aussi, par des dérèglements provoqués à cause de comportements liés au problème de l’inégalité.

Par exemple, vous avez observé que les structures actuelles de la société contre lesquelles les femmes ont dû se battre pour obtenir le même statut que celui de l’homme ne leur permettaient pas d’adapter ce rythme aux besoins de leur corps durant la période de menstruation.

En effet, la femme doit performer au même niveau que les hommes, peu importe la période du mois !

Voilà. On exige qu’elle performe avec la même intensité durant sa période de menstruation. Cela n’est pas la faute de la femme, mais la responsabilité de toute l’humanité. Lorsque nous disons que « la femme n’a pas su se respecter », ce n’est pas un reproche, mais nous constatons l’inconscience de la société dans son ensemble lorsqu’il s’agit d’honorer la femme dans son rôle. Durant la période de menstruation, l’énergie de la femme aux niveaux physique et psychique est allouée différemment et invite à une variation d’intensité dans ses activités !

Nous ferons une analogie. Imaginez que vous vous nourrissez abondamment. Vous terminez un repas sain et abondant. Si vous êtes inactif, vous aurez tendance à vous endormir, n’est-ce pas ? C’est que l’énergie de votre corps se concentre sur la digestion. Si vous tentez de courir immédiatement après le repas, vous pourrez sentir un certain malaise, un certain inconfort, ou un manque de vitalité pour courir, n’est-ce pas ?

Bien sûr, il y aura une concentration d’énergie vers votre estomac. De même, pendant la période de menstruation, il y a une forte concentration d’énergie au niveau des gonades. Il est naturel que la femme éprouve des douleurs et des fatigues, particulièrement s’il n’y a pas de respect de cet état, c’est-à-dire si la femme doit continuer à offrir le même niveau d’intensité dans tous les aspects de sa vie.

Je comprends. Revenons à la naissance, maintenant. Qu’en est-il des heures qui suivent la naissance, où, dans le réseau hospitalier actuel, l’infirmière va prendre le bébé, le peser, vérifier si tout est normal ? Comment les choses se passeraient-elles à l’Hôtel de la Naissance ?

Toutes ces actions pourront être posées, sans toutefois être considérées comme prioritaires ou de première nécessité. En fait, ce que nous voulons vous transmettre est que la pesée du bébé n’est peut-être pas de première urgence pour la vie équilibrée d’un Être. Toutefois, il peut être intéressant, à l’Hôtel de la Naissance, que cette pesée s’effectue par la mère ou la marraine, assistée du personnel plus technique, dans les heures qui suivent la naissance. L’une ou l’autre, selon l’état de la mère, devrait être présente pour qu’il y ait toujours cette proximité avec l’enfant. Et tout le personnel de soutien est également là, complice, dans la même atmosphère.

En serait-il de même pour laver le bébé, si la mère en est capable physiquement ?

Si la mère en est capable et qu’elle en a envie, elle peut donner les soins au bébé, toujours assistée du personnel de soutien. Il se peut en effet qu’elle en soit capable, mais qu’elle n’en ait pas envie. Rappelons-nous que la mère est quelquefois en état de choc. Souvent, elle n’en a plus la force, mais le soin peut quand même être donné tout près d’elle, encore une fois par la marraine assistée du personnel. Tout se déroule dans la même atmosphère d’accueil puisque tous ont choisi ce rôle. Ces Êtres sont dédiés à l’Hôtel de la Naissance. Ils ne sont pas que des techniciens de passage. Ils ont choisi ce rôle, cette tâche, cette carrière. C’est leur œuvre, leur mission de vie.

Quel est le rôle actif du père, dans cet accueil ?

Le père représente une assise importante. Il est là, présent. Son état est important parce qu’il permet, énergétiquement, de faire le lien entre ce cocon d’intimité et la vie à l’extérieur. Ce lien avec l’enfant, au début, il le fait vibratoirement. Il aide d’abord sa partenaire par sa présence, sa compassion, sa respiration, son amour. Il lui rappelle ce qu’elle sait déjà, mais que, souvent, la souffrance du moment lui fait oublier. Sa présence est importante pour l’enfant, qui va sentir que son père est là et qu’il est un accompagnant. Car durant les premières années, si le rôle de la mère est très important, la présence rassurante du père permet le rapport avec l’extérieur sans coupure pour l’enfant.

Certains pères pourraient penser que leur rôle est passif, et pourtant, c’est un rôle très, très actif. Il est passif si l’Être n’est ni préparé, ni conscient des enjeux de la naissance. Il est actif lorsqu’il émane de son cœur des vibrations d’amour vers le cœur de la mère et de l’enfant. Il collabore vraiment à l’atmosphère par son amour, son équilibre, sa force physique et psychique.

Combien de temps pourrait durer cette période d’accueil à l’Hôtel de la Naissance ?

Il n’y a pas de temps défini. La période passée à cet Hôtel peut commencer lorsque la femme ressent, non pas les contractions, mais l’appel intérieur. Elle se sentirait plus à l’aise à l’Hôtel de la Naissance ? Elle se sent prête ? Elle s’y sentirait plus en sécurité ? Elle a la sensation que son enfant l’y invite ? Il y a plusieurs éléments possibles.

Je sens qu’on va avoir des objections d’ordre financier, ici !

Nous savons que cela bouscule vos normes de productivité dans la gestion de l’espace et du temps. Mais rappelez-vous que nous sommes dans un contexte idéal où la naissance est considérée par les Êtres humains comme un moment, non seulement de célébration de la vie, mais comme un événement prioritaire pour la communauté humaine.

Comme si c’était le moment le plus important de toute une vie pour un Être humain ?

Bien sûr, car l’accueil de cet Être va l’influencer dans toute son évolution et dans sa sensation de faire partie de la communauté, plutôt que celle d’avoir à se « suradapter » pour respecter des normes qu’on lui impose. Donc, il va s’imprégner dans la communauté, plutôt que d’y entrer par une forme d’obligation, même inconsciente. C’est ainsi que, selon son état physique, émotionnel et mental, la mère choisira le moment de se présenter à l’Hôtel de la Naissance.

Après la naissance, elle va aussi choisir le moment pour retrouver sa demeure, lorsqu’elle s’en sent physiquement et émotionnellement prête.

Lorsque nous utilisons ces termes, nous savons que certains Êtres pourraient s’objecter, en particulier ceux qui sont dans une vision d’efficacité. Nous comprenons que dans votre contexte actuel de vie, certains craignent l’abus. Ils anticipent la venue de certaines femmes des mois à l’avance et leur départ reporté longuement afin de profiter des grâces de l’Hôtel de la Naissance.

Vous lisez dans mes pensées. C’est exactement ce que j’allais dire !

Cela est naturel que vous ayez ces pensées, puisque vous imaginez l’Hôtel de la Naissance dans votre contexte actuel. Il faut que vous le voyiez inscrit dans tout un ensemble de structures sociales et communautaires complètement différentes, humaines et équitables, et qui font en sorte que la femme ne se rend pas à l’Hôtel de la Naissance par caprice, puisque dans un monde idéal, l’ensemble de la vie est équilibré. Ainsi, dans sa propre demeure, dans les autres lieux et au cœur de vos sociétés, il y aurait aussi les aspects humanistes et les adaptations équivalentes qui respectent l’Être humain. Si nous isolons la naissance et que nous inscrivons cette naissance idéale dans des structures qui ne sont pas transformées, bien sûr que cela serait difficile à intégrer. Et rappelez-vous aussi que vos considérations économiques, ou autres, n’ont pas réussi à rendre les Êtres humains heureux et en santé !

Je comprends. Et j’imagine que toute la préparation de la femme, de l’homme et de la marraine permet aussi à la femme de mieux ressentir à quel moment il est juste de se présenter à l’Hôtel de la Naissance ?

Vous avez raison. Tous sont préparés, et la femme, qui peut souvent vivre des douleurs et des confusions, est accompagnée par la marraine et par son conjoint. Ses compagnons sont aussi des interlocuteurs pour l’aider à clarifier ses sensations.

Quel serait le rôle des membres de la famille plus élargie, comme les grands frères, les grandes sœurs, les grands-parents, les tantes et les oncles de l’enfant ?

Nous invitons tous les membres de la famille et les amis à être dans le même état et la même conscience que tous ceux qui participent directement à la naissance, et cela depuis le tout début de la période de grossesse. Si cela est possible, après la naissance, l’idéal serait qu’ils soient présents dans les jardins de l’Hôtel de la Naissance pour simplement célébrer ensemble, en étant vibratoirement unis à l’enfant, à la mère, à la marraine et au père, en apportant leur amour.

Nous disons « être dans la même conscience », parce qu’il est important de ne pas précipiter la rencontre physique de la famille et des amis avec l’enfant nouveau-né. Prendre l’enfant dans leurs bras et se trouve à proximité de la mère n’est pas une priorité dans les premières heures, lorsque la mère est accompagnée comme nous l’avons dit. Il faut que ce contact se produise d’abord vibratoirement. L’enfant vit en même temps une rencontre, des retrouvailles et une adaptation à la mère, au père et à la marraine. Il est déjà magnifique que pendant ce moment, il puisse capter la présence vibratoire joyeuse de la famille en célébration. Il arrive quelquefois que les membres de la famille et les amis, tout dépendant de leur état, ne soient pas les présences les plus favorables à l’enfant, qui doit s’adapter si rapidement à tous les stimuli de sa nouvelle vie.

Dès que la mère se sent disponible pour se retrouver en présence d’autres Êtres que son enfant, les grands-parents ou les personnes les plus près d’elle sont invités à venir rencontrer l’enfant pour un court moment de tendresse.

Ils éviteront bien sûr les discussions sociales ou les interrogations qui ne sont pas relatives à l’accueil, du type : « Est-ce que ce fut douloureux ? » Au contraire, ils sont vraiment, là, dans un état de joie pour saluer la mère et l’enfant de leur cœur. De même, les frères et sœurs de l’enfant se présentent pour saluer le bébé. Ils ont été préparés en ce sens. C’est tout simplement une présence communiante. Ainsi, progressivement, d’autres Êtres pourront prendre l’enfant dans leurs bras. Au départ, ce sera la mère, le père ou la marraine, puis, selon la proximité vibratoire, les grands-parents, les frères et sœurs.

Lorsque nous disons « proximité vibratoire », cela signifie que si des personnes sont absorbées par les tracas du quotidien, si elles ne sont pas entrées vibratoirement dans l’atmosphère de la naissance et du vécu de la mère, il est inutile qu’elles prennent l’enfant dans leurs bras. L’enfant n’est pas un jouet. Prendre l’enfant pour qu’il sente tout l’amour, mais non pas toutes les peurs, toutes les appréhensions, toutes les anxiétés de l’Être ou de l’extérieur. Quant à ce dernier éclairage, nous voilà dans une position plus ferme, n’est-ce pas ?

Oui, mais je comprends pourquoi vous l’êtes, dans la perspective de ne pas transmettre ces vibrations plus lourdes à l’enfant.

Nous sommes entrés dans le sujet très vaste de la naissance en transmettant que les conditions actuelles peuvent s’expliquer. Les hôpitaux, actuellement, sont créés dans un monde d’hommes. Les structures sont logiques, en apparence ou théoriquement efficaces. Mais les difficultés de fonctionnement sont nombreuses, parce que ces structures ne se sont pas adaptées à l’Être humain en évolution. Elles ont au contraire collaboré à ce qu’il soit dépendant d’elles, et même sous leur joug ! La relation entre les différents départements n’existe qu’en théorie, car elle n’a pas été créée par la dimension féminine de l’Être. Dans vos hôpitaux, et ce, partout dans ce monde, on envoie un Être dans une salle parce qu’il a mal au genou, par exemple, puis dans une autre parce qu’il a mal à la tête. Il n’y a pas de relation entre les deux. Cela est très masculin.

C’est compartimenté. Très masculin, en effet !

Tout est organisé logiquement, mais les Êtres ne se sentent pas accueillis et entendus dans leurs particularités et dans leur histoire. Et ils ont raison, puisque, par exemple, la douleur au genou peut être la source de la douleur à la tête. À cause du mal de genou, un Être compensera possiblement au niveau des hanches en se tenant sur l’autre jambe. En compensant, il créera une déviation de la colonne vertébrale qui se répercutera dans la nuque. Comme l’énergie circule moins bien, il aura mal à la tête !

L’un donne, ici, des médicaments pour le genou, l’autre pour la tête. Or, la difficulté au genou vient du fait que l’Être est trop sédentaire. Alors, ce ne sont pas de médicaments dont il a besoin, ce sont de promenades et de certains massages. En faisant cela, le mal de tête disparaîtra ! La première « décompartimentation » proposée est donc celle de la création de l’Hôtel de la Naissance.

Cette transformation vous concerne tous, même ceux et celles d’entre vous qui n’êtes pas en relation directe avec des femmes enceintes. Elle vous concerne en ce sens qu’elle amorce une nouvelle conscience sociale, elle proclame l’importance de l’Être humain, elle favorise la santé à tout âge et elle invite tous les Êtres humains à accueillir la vie. En contribuant à la transformation de cette réalité, vous contribuerez aussi à transformer la vôtre.

Extrait du livre Tout se joue à chaque instant de France Gauthier et Pierre Lessard

 

Une réflexion sur « Préparer la naissance autrement »

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