La vie par excellence pour soi

Je ne connaissais pas le parcours d’Oprah Winfrey avant d’avoir lu son livre « Ce dont je suis certaine ». J’ai été très touchée par son histoire et très admirative de son courage et de l’authenticité avec laquelle elle se confie.

Je partage, ci-dessous, trois extraits au sujet de sa relation avec son corps. J’espère qu’ils aideront ceux et celles qui vivent des situations similaires.

Même si vous n’êtes pas concernés par l’embonpoint, je vous invite à lire ces textes et à réfléchir à votre relation à votre corps et à la façon dont vous le traitez.

Et, plus généralement, je vous invite à considérer votre souffrance, qu’elle soit physique ou émotionnelle, non plus comme quelque chose contre laquelle vous devez vous battre pour la changer mais comme un messager qui vous indique que vous n’êtes pas sur le chemin auquel vous aspirez, un messager qui vous invite à vous aimer d’avantage et à embrasser la vie par excellence pour vous ! Considérez que tout cela est juste !

1er Extrait :

Tout le temps et toute l’énergie que j’ai consacrés à réfléchir à ce que sera mon prochain repas sont incalculables : quoi manger, ce que je viens de manger, combien de calories ou de grammes de glucides mon repas contenait, combien d’exercice je devrai faire pour les brûler, si je ne faisais pas mes exercices, combien de temps faudra-t-il avant qu’elles se transforment en kilos supplémentaires, et ainsi de suite. La nourriture a occupé une grande place dans mes pensées au fil des ans.

J’ai encore le chèque que j’ai libellé à l’ordre de mon premier médecin spécialisé en régimes amaigrissants – Baltimore, 1977. J’avais vingt-trois ans, je pesais soixante-sept kilos, je portais des vêtements de taille moyenne et je me croyais grosse. Le médecin m’a fait suivre un régime amaigrissant de mille-deux-cents calories, et j’ai perdu quatre kilos en moins de deux semaines. Deux mois plus tard, j’en avais repris plus de cinq. C’est ainsi que s’est amorcé le cycle du mécontentement, le combat que j’ai mené dans mon corps. Contre moi-même.

Je me suis jointe à la brigade des régimes amaigrissants – m’inscrivant aux régimes Beverly, Atkins, Scarsdale, soupe au chou, et même à celui à la banane, aux hotdogs et aux œufs. (Vous croyez que je fais des blagues. Et j’aimerais que ce soit le cas.) Ce que j’ignorais, c’est qu’avec chaque diète, j’affamais mes muscles, je ralentissais mon métabolisme et je m’arrangeais pour reprendre encore plus de poids. Vers 1995, après avoir passé près de deux décennies à prendre et à perdre constamment du poids, j’ai fini par comprendre que la gratitude envers mon corps, peu importe la forme qu’il avait, constituait le moyen de m’aimer davantage.

Par contre, même si je saisissais intellectuellement ce concept, il ne m’était pas facile de le mettre en pratique. Ce n’est qu’environ six ans plus tard, au terme de six mois de palpitations inexplicables, que la réalité a fini par m’apparaitre clairement. Le 19 décembre 2001, j’ai écrit dans mon journal : « Une chose est certaine – le fait d’avoir des palpitations durant la nuit me rend consciente du bonheur que j’éprouve à me réveiller chaque matin, plus reconnaissante pour chacune de mes journées. »

J’ai cessé de tenir mon cœur pour acquis et je me suis mise à le remercier de chacun des battements qu’il m’avait donnés au cours de ma vie. Je me suis émerveillée devant cette réalité : en quarante-sept années de vie, je n’avais jamais réfléchi consciemment à ce que mon cœur fait, c’est-à-dire oxygéner mes poumons, mon foie, mon pancréas, et même mon cerveau, un battement à la fois.

Durant tant d’années, j’avais négligé mon cœur en lui refusant le soutien dont il avait besoin. En mangeant avec excès. En le stressant avec exagération. En lui en demandant trop. Il pouvait bien ne plus s’arrêter de battre à toute vitesse lorsque je me couchais le soir ! Je crois que tout ce qui nous arrive dans la vie comporte une signification, que chaque expérience de vie renferme un message, si nous sommes disposés à l’entendre. Alors, que voulait me dire mon cœur lorsqu’il s’emballait ? Je l’ignorais encore. Reste que le simple fait de me poser la question m’a amenée à regarder mon corps et à constater que j’avais négligé de l’honorer. Et je me suis rendu compte que toutes les diètes que j’avais pu essayer tenaient au fait que je voulais entrer dans quelque chose – ou simplement me faire accepter. Je n’avais jamais accordé la priorité à mon cœur, qui était pourtant la force de vivre de mon corps.

Je me suis assise dans mon lit par une matinée froide et ensoleillée et je me suis promis d’aimer mon cœur. De le traiter avec respect. De le nourrir et d’en prendre soin. De le faire travailler, et de le laisser ensuite se reposer. Puis un soir, en sortant de la baignoire, je me suis regardée dans le miroir pleine longueur. Pour la première fois, je ne me suis pas abandonnée à mon autocritique habituelle. J’ai éprouvé un sentiment chaleureux de gratitude pour ce que j’y voyais. Les cheveux tressés, pas une seule trace de maquillage, le visage propre. Les yeux brillants, vivants. Les épaules et le cou forts et fermes. J’étais reconnaissante pour le corps dans lequel je vivais.

Après m’être évaluée de la tête aux pieds et avoir reconnu qu’une grande amélioration était encore possible, je n’ai plus rien détesté de mon corps, pas même la cellulite. Je me suis dit : Voilà le corps que l’on t’a donné – aime ce que tu as reçu. J’ai alors commencé à aimer véritablement le visage avec lequel j’étais née; les rides que j’avais sous les yeux à deux ans s’étaient approfondies, mais c’étaient mes rides. Le nez large que j’essayais de relever lorsque j’avais huit ans en dormant avec une pince à linge et une boule de coton de chaque côté, c’était le nez avec lequel j’avais grandi. Les lèvres pulpeuses que j’avais l’habitude d’amincir en souriant sont celles qui me servent à parler à des millions de gens chaque jour – il est nécessaire que mes lèvres soient charnues.

À cet instant-là, me tenant devant le miroir, j’ai vécu ma propre « révélation spirituelle ou une renaissance fondamentale de quelque amour » au sujet de laquelle Carolyn M. Rodgers écrit dans un de mes poèmes préférés : « Some Me of Beauty » (La beauté en moi).

Ce dont je suis certaine, c’est qu’il est inutile de vous battre contre votre corps alors qu’il vous est possible de faire la paix avec lui, par amour et par reconnaissance pour lui.

2ème Extrait :

Parmi les nombreuses choses que j’ai apprises en lisant Nouvelle Terre, d’Eckhart Tolle, il y a cette vérité : je ne suis pas mon corps. Après avoir attentivement étudié les idées de Tolle, je me suis sentie beaucoup plus connectée à ma conscience, ou mon âme, mon esprit intérieur – peu importe le nom que l’on choisit de donner à l’être immatériel qui constitue l’essence de notre personne. J’ai réfléchi à toutes les années que j’avais gaspillées à détester me voir grosse et à me vouloir mince; à me sentir coupable de chaque croissant que je mangeais, puis à renoncer aux glucides, ensuite à jeuner, à suivre des régimes amaigrissants, et à m’inquiéter lorsque je ne suivais pas de régime amaigrissant, puis à manger tout ce que je voulais jusqu’au régime suivant (le lundi ou après les fêtes ou le grand évènement suivant). Tout ce gaspillage de temps, à exécrer la simple idée d’essayer des vêtements, à me demander dans quoi j’allais entrer, le poids que mon pèse-personne m’indiquerait. Toute cette énergie dépensée qui aurait pu servir à aimer ce qui est.

Qui je suis, qui vous êtes… Ce dont je suis certaine, c’est que nous ne sommes pas notre corps ou l’image que nous nous en faisons. Comme ce à quoi l’on accorde son attention parait plus grand – littéralement, dans le cas qui nous intéresse ici –, mon obsession du poids a eu pour effet en définitive de me faire engraisser. Je peux regarder une photo prise à n’importe quelle époque de ma vie, et la première chose qui me vient à l’esprit n’est pas l’expérience ou l’évènement immortalisé, mais mon poids ou ma taille, car c’est ainsi que je me percevais (et me jugeais) – par le prisme des chiffres. Quelle perte de temps !

J’en ai fini de consulter le pèse-personne. Je ne permettrai plus jamais à un chiffre de me dicter ma perception de moi-même et de déterminer si je mérite d’avoir une bonne journée. Le fait de reconnaitre combien cela me rendait superficielle et mesquine fut une révélation pour moi. Vous n’êtes pas votre corps, et vous n’êtes assurément pas votre image corporelle.

3ème Extrait :

En janvier 2009, j’ai paru deux fois sur la couverture de la revue O : deux versions de moi-même debout côte à côte, l’avant et l’après. Sur une image, l’avant, j’étais en forme. Sur celle de l’après, je souffrais d’embonpoint. J’avais assez d’assurance pour publier ces photos de moi-même parce que je savais ne pas être seule dans cette situation. On estime que soixante-six pour cent des Américains adultes souffrent d’embonpoint ou d’obésité. Et presque personne ne s’en réjouit.

Cette couverture a suscité une vague d’émotion et de soutien. Voici le courriel, parmi les plus mémorables, que j’ai reçu ensuite d’une amie : « Ton poids, je le perçois comme ton détecteur de fumée. Et nous réduisons tous en cendres la meilleure partie de notre vie. »

Je n’avais jamais envisagé les choses sous cet angle auparavant, mais ce courriel a marqué un moment eurêka pour moi. Mon poids était un avertisseur, un feu clignotant claironnant l’éloignement de mon centre.

Ce dont je suis maintenant certaine, c’est que dans mon cas le poids est un problème d’ordre spirituel, et non alimentaire. Marianne Williamson a touché une corde sensible en m’envoyant ce courriel : « Ton poids est véritablement une invitation à embrasser la vie par excellence pour toi. »

Durant toutes ces années passées à suivre des régimes voués à l’échec, j’ai cru que l’obstacle à surmonter, c’était mon poids. Je me disais que j’avais un « problème » de poids, au lieu d’examiner mon existence déséquilibrée et mon utilisation de la nourriture pour réprimer les faits.

J’ai été coauteur d’un livre avec Bob Greene intitulé Make the Connection (Faites le lien). L’idée du titre était de lui. Même pendant que j’écrivais ma partie, qui impliquait que je partage les entrées rageuses de mon journal intime qui concernaient mon embonpoint (je pesais cent-huit kilos lorsque Bob et moi avons fait connaissance), je lui disais souvent : « Rappelle-moi encore, c’est quoi le lien ? »

J’ai appris auprès de Bob que mon embonpoint n’avait rien à voir avec les chips, que je devais éplucher ma dépendance à la nourriture et découvrir ce qui me dévorait. De toute évidence, je ne l’avais pas épluchée suffisamment.

Je sais toutefois maintenant que le lien consiste à s’aimer, à s’honorer et à tout protéger en soi-même. Bob m’a souvent dit : « En définitive, ton poids est lié à ta dépréciation de toi-même. » Pendant des années, je me suis opposée à son point de vue, en lui répliquant : « Écoute, Bob Greene, je ne suis pas de ceux qui croient ne pas mériter ce qu’ils ont. J’ai travaillé dur pour tout ce que je possède. »

Par contre, tandis que je progresse sur le chemin spirituel menant à la résolution et à la gestion permanente de mon problème de poids, je vois maintenant que la dépréciation de soi-même peut revêtir de nombreuses formes.

Je suis une personne très performante depuis l’âge de trois ans. Pendant de longues années, j’ai ressenti le besoin de prouver que j’avais ma place ici-bas – le besoin de prouver ma valeur. J’ai travaillé d’arrachepied. J’ai obtenu d’excellentes notes à l’école. J’ai remporté des concours d’art oratoire, j’ai gagné des bourses. J’étais au milieu de la trentaine lorsque j’ai compris que le simple fait d’être née conférait assez de dignité à n’importe quelle personne pour justifier sa présence sur la terre. Je n’avais donc rien à prouver.

Dans le cas de la plupart d’entre nous qui mangeons avec excès, les kilos en trop trahissent des angoisses, des frustrations et des dépressions non résolues, qui sont toutes attribuables en définitive à une peur que nous n’avons pas encore surmontée. Nous étouffons la peur avec la nourriture au lieu de la ressentir et d’en triompher. Nous la réprimons totalement en lui faisant des offrandes provenant du réfrigérateur.

Si vous parvenez à conquérir votre peur, vous prendrez votre envol. Je « suis certaine » de cela également.

Laissez votre vie s’éveiller en vous. Quel que soit votre défi – la tendance à trop manger, à trop consommer une certaine substance ou à trop faire d’une même activité, ou encore le deuil d’une relation, d’une somme d’argent ou d’un poste –, permettez-lui de vous ouvrir la porte sur les révélations les plus nobles à votre sujet, de vous inviter à entrer dans la vie par excellence pour vous.

 

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