Propaganda ou la puissance des récits

Notre vision du monde est façonnée par les messages auxquels nous sommes exposés quotidiennement et qui orientent nos choix de consommation et nos idées. En utilisant des techniques de persuasion pour contrôler les foules, ces derniers s’adressent à nos désirs inconscients.

Apparues en Europe à la fin du 19ème siècle pour lutter contre les révoltes ouvrières, ces méthodes de « fabrication du consentement » se sont développées aux États-Unis pour convaincre les américains de s’engager dans la première guerre mondiale. Elles ont ensuite été récupérées par les industriels pour faire adhérer la classe ouvrière au capitalisme et transformer le citoyen en consommateur.

Pour imposer leur pouvoir, les régimes autoritaires ont recours à la force. Les démocraties, aux relations publiques.

Propaganda ou la puissance des récits

Propaganda

Considéré comme l’un des pères fondateurs de l’industrie des relations publiques aux États-Unis, inventeur du « gouvernement invisible » Edward Bernays, est également l’auteur du livre de référence Propaganda – Comment manipuler l’opinion en démocratie, paru en 1928 et qui commence par ces mots :

« La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays. »

Il y définit la propagande comme « le mécanisme qui permet la diffusion à grande échelle des idées ou tout effort organisé pour propager une croyance ou une doctrine particulière ».

Dit autrement, la propagande consiste à influencer la majorité dans le sens des intérêts d’une minorité et de fabriquer, ainsi, le consentement des foules.

Edward Bernays était un grand conteur. Ses histoires ont contribué à renverser le gouvernement du Guatemala en 1954, à inciter les femmes à fumer, à inspirer le régime nazi et à créer le petit-déjeuner américain…

Comment influencer les foules ? Le documentaire Propaganda – La fabrique du consentement dont est extraite cette vidéo, retrace le parcours d’Edward Bernays. Une analyse critique et un passionnant décryptage des méthodes de la « fabrique du consentement ».

La puissance des récits

Ce film nous permet de comprendre l’origine de certaines de nos croyances au sujet des modèles économiques et politiques dominants. C’est surtout une formidable preuve de la puissance des récits.

Si les relations publiques ont permis l’émergence des systèmes actuels, elles peuvent également servir à promouvoir des nouveaux qui ne défendraient pas les intérêts d’une minorité mais ceux de la majorité en plaçant l’humain et la Terre au cœur des préoccupations.

L’état actuel du monde est la conséquence de ces histoires imaginées et contées depuis des décennies auxquelles nous avons adhéré, sans en examiner la pertinence et les effets. Aujourd’hui, la destruction de notre environnement, l’inégale répartition des richesses et les limites de ces modèles basés sur une croissance infinie remettent en question ces récits.

Face à l’inévitable effondrement de notre civilisation thermo-industrielle, nous devons interroger nos croyances pour les remplacer par d’autres qui redonnent du sens nos comportements et réenchantent nos vies. Nous devons changer de paradigme, imaginer une nouvelle Histoire lucide et fédératrice qui nous libère du fatalisme ambiant, nous emplit d’espoir en l’avenir et nous insuffle l’élan pour mener des actions congruentes.

Une Histoire qui célèbre notre dépendance et nos interactions avec tous les êtres vivants et notre environnement. Une Histoire qui ne prônera plus une croissance avide mais une sobriété heureuse[1].

En savoir plus :

Visionner le documentaire

[1] La sobriété heureuse, Pierre Rabhi Éditions Actes Sud, 2010. Face à la société de la surabondance sans joie et non sans misère matérielle dans laquelle les pays dits développés sont enlisés, la “sobriété heureuse” représente une alternative réaliste. Force de libération physique et morale, elle est un acte politique de légitime résistance à cette formidable machine à détruire la planète et à aliéner la personne humaine. Le temps est venu de s’affranchir des réflexes boulimiques et du toujours plus, qui préparent un immense champ de ruines.
Pour en avoir fait une option de vie depuis de nombreuses années, Pierre Rabhi nous fait part des actions concrètes menées en faveur de la sobriété, valeur d’équilibre et de bien-être. Il nous invite à une forme de simplicité et de gratitude qui, en s’épanouissant au plus profond de notre être, donne à notre présence au monde un sens et une légèreté singulière, celle de la sobriété tranquille et heureuse.

 

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